— Bonjour, je suis trafiquant de vocabulaire, dealer de mots,
quoi…
— Vraiment ? Vous n’en avez pas l’air…
— Si, si, je vous jure ! J’en ai des bons, pour de vrai, des bons mots,
des gros mots, des mots doux et même…
— Le dernier mot ?
— Vous me prenez pour un amateur ou quoi ? J’ai tout ce qu’il vous
faut, je vous dis !
— Pour sûr que vous mâchez pas vos mots…
— Allez, laissez-vous tentez, lâchez-vous un peu ! Vous n’en mourrez
pas, que diable ! D’ailleurs, je peux soulager tous vos maux…
— Même le mal de vivre ?
— Surtout le mal de vivre, c’est mon pain quotidien…
— Bon, allez, c’est d’accord, vendez-moi deux ou trois mots
d’amour…
— En un mot comme en cent, dix mots d’amour contre dix
larmes !
— Bien, on fait comme ça, alors…
— Et le fin mot de l’histoire, je vous le mets aussi ?
— Oui, oui, tant qu’à faire…Mais ça va être cher ?
— Vous me donnez juste une crise d’angoisse et un chagrin d’amour et on est
quittes…
— Marché conclu !
Dialogue écrit par le groupe Aquilon lors de l’atelier d’écriture au Nickel,
le 29 avril, animé par François Chaffin, en préambule à la représentation de sa
pièce, « Le vent ne fait pas de prisonniers »… Ce dialogue ainsi que
les autres textes ont été immédiatement mis en scène et interprétés par la
troupe de théâtre « La Poursuite »…
