Pierre d'écriture

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

lundi 3 janvier 2011

Bonne année 2011

Voeux2011.jpg

samedi 18 décembre 2010

Des nouvelles...

Je ne suis pas très content des deux dernières semaines mais enfin, tout de même, ça avance...

trav3min.jpg

trav2min.jpg

Je suis en plein boulot là, ce qui est très inhabituel pour un samedi, mais j'ai du temps à rattraper.

Je viens de commencer la page 167...

Maintenant, de toutes façons, je sais que j'irai au bout. J'ai dépassé le cap fatidique. Enfin, ne commençons pas à vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué. Mais si !(Ou la peau de la blanche biche pour ceux qui ont lu les contes d'Eure et Loir)...

Désolé de ne plus avoir le temps de lire les blogs amis en ce moment...

lundi 13 décembre 2010

Neige

Mercredi dernier, entre midi et 17h, il est tombé dans les Yvelines une quantité de neige exceptionnelle. Ce fut une belle pagaille sur les routes, mais par bonheur, je n'étais pas en voiture à ce moment-là... Je me suis retrouvé bloqué à Dampierre ! En fin d'après-midi, il y avait 20cm de neige fraîche.

min1.jpg

Le lendemain matin, avec un soleil éclatant, c'était somptueux dans la forêt :

min2.jpg

min3.jpg

vendredi 26 novembre 2010

Ils viennent de sortir...

couv78.jpg

Et je serai samedi après-midi et dimanche matin dans la galerie commerciale de Leclerc à Bois-d'Arcy, dans les Yvelines, avec quelques-uns des co-auteurs, pour une vente et dédicace...

Si vous êtes dans les parages...

Et si vous en êtes loin, vous pouvez toujours le commander sur le site des éditions Grrr'Art...

C'est le troisième ouvrages de la série auquel je participe. Auparavant, il y avait eu :

Les contes de la forêt de Rambouillet,

Les contes de l'Eure et Loir...

vendredi 19 novembre 2010

Nouvelles pratiques philosophiques

Pas eu le temps cette semaine de venir ici.

J'ai quasiment passé la semaine à Paris pour ça :

affiche_NPP

C'était fantastique. Je me sens mille fois plus vivant, mille fois plus existant que la semaine dernière. Les nouvelles pratiques philosophiques (NPP), je suis tombé dedans en 2002. Et depuis le début, toute cette histoire, c'est une succession de petits coups de pouce du destin. Premier coup du sort et qui a conditionné tout le reste : A l'époque, je dirigeais un centre de documentation pédagogique à Poissy et il me fallait organiser une journée de conférence avec un philosophe qui devait évoquer la question du doute dans les sciences. On commençait à parler d'ateliers philo pour les enfants, dans la foulée de la très médiatique parution des goûters philo, aux éditions Milan. Un intervenant était retenu, appartenant à cette mouvance que je ne connaissais absolument pas à l'époque. La veille de la journée prévue, ce dernier m'appelle en me disant qu'il est cloué au lit par une forte grippe. Catastrophe ! De coups de fil en coups de fil, on finit par me suggérer de m'adresser au chef de file du mouvement de l'AGSAS, qui mettait en place depuis un moment déjà des ateliers philo à l'école. Ce chef de file, c'était Jacques Lévine, un vieux monsieur de 80 ans, psychologue et psychanalyste réputé. J'appelle au numéro que l'on m'a donné, sans me faire d'illusion. Et je tombe directement sur lui, qui me dit, contre toute attente : « si vous venez me chercher en voiture, chez moi, car je marche très difficilement, j'accepte ». Je lui ai dit :
« d'accord ! Marché conclu ! »et je suis allé le chercher chez lui, Porte Maillot. Aussitôt, je suis tombé sous le charme de ce vieil homme qui marchait courbé sur sa canne. Il y a comme cela des gens qui, lorsque vous parlez avec eux, ont le don d'allumer en vous de petites lumières, qui deviennent ensuite de véritables phares.

Du coup, dans la foulée, je me suis inscrit aux secondes rencontres qui se tenaient cette année-là au CRDP de Rennes. Et j'y ai fait la connaissance des principaux acteurs de l'époque, dont Michel Tozzi, Oscar Brénifier, Jean-François Chazeran, Gilles Geneviève...Par une série de gros coups de chance, j'ai été propulsé en 2003 dans le comité d'organisation du colloque annuel des NPP. La chance continuant, je me suis retrouvé à l'UNESCO en 2004 lors de la journée mondiale de la philosophie, dont le centre névralgique était à Paris cette-là, à co-animer un atelier philo pour les enfants avec Gilles Geneviève, qui lui-même était invité à montrer cet atelier puisqu'il travaillait depuis le début de l'année avec Michel Onfray qui venait de fonder son Université Populaire à Caen. Nous avons pressenti à ce moment qu'il fallait inscrire l'organisation des rencontres autour des NPP à l'UNESCO et dans l'élan de la journée mondiale de la philosophie, le troisième jeudi de novembre. Un an après, j'ai rencontré Claire De Chessé avec qui nous avons fondé Philolab. C'était, dans notre esprit, le moyen de fédérer les NPP et de fournir un interlocuteur à l'UNESCO pour y inscrire durablement la tenue de nos rencontres, qui ont eu lieu pour la première fois au siège de cette organisation internationale en novembre 2006.

Et cette année, pour les dixièmes rencontres, pour la quatrième fois qu'elles se tiennent à l'UNESCO, se conjugue une série d'énormes coups de chance supplémentaires : la sortie du film, « ce n'est qu'un début » est programmée mercredi 17 novembre, le premier jour de notre colloque. Autre coup du sort favorable, le centre des célébrations de la journée mondiale de la philosophie qui devait avoir lieu à Téhéran ( Le centre se déplace d'années en années dans toutes les capitales du monde) a été déplacé à Paris, au siège de l'Organisation. Ces deux évènements principalement, plus une bonne dose de réussite, ont donné à nos journées un retentissement et un impact incroyable, un relief inespéré. Je suis particulièrement heureux ce matin.

71135_161808683830103_2483683_n.jpg

Hier soir, projection du film « Ce n'est qu'un début » pour terminer en apothéose. Ce film est magnifique, il faut absolument que vous alliez le voir.

La bande annonce.

Le site de Philolab

mardi 9 novembre 2010

Michel Houellebecq

D'habitude, je m'en fiche du prix Goncourt, je m'en contrefiche. Mais, cette fois, c'est différent : hier, les jurés ont consacré un auteur que j'aime et dont j'ai lu tous les romans.

Houellebecq_Drouant.jpg

Je crois que c'est bien la première fois que ça arrive !

Quand je jette un coup d'œil à la liste des lauréats de ces dernières années, j'en suis même sûr.

Dans la plupart des cas, le mythique prix, celui qui m'avait tant fait rêver à un moment où je sentais ma vocation d'écrivain s'affermir, il était attribué à un écrivain que je ne connaissais absolument pas ou simplement de nom. L'année dernière par exemple, Marie NDiaye, une illustre inconnue pour moi... Qu'est-ce que j'ai fait alors ? Comme je suis plutôt ouvert, comme type, Je me suis dit : "tiens, je ne connais pas, absolument pas, c'est peut-être bien..." Du coup, j'ai emprunté un de ses bouquins à la bibliothèque. Et j'ai trouvé ça nul à chier. Illisible. L'année d'avant, Atiq Rahimi, je ne connaissais pas non plus, ni de nom, ni d'Eve ni d'Adam. Je me suis fait offrir Syngué Sabour à la première occasion. J'ai réussi à le terminer, avec un peu de peine, et sans plaisir. Et j'arrête là les exemples, parce qu'on pourrait les multiplier presque à l'infini... Car je suis un lecteur, un assez grand lecteur avant d'être écrivain. Mais, en général, les bouquins encensés par la critique littéraire, alors là, je ne comprends pas...

Oui, pour une fois, ce type, il écrit des romans que j'achète en général dès leur sortie depuis que j'ai eu la révélation des particules élémentaires. Et, sans le faire vraiment exprès, j'ai en plus tout lu dans l'ordre de leur parution. J'ai commencé par Extension du domaine de la lutte, que j'ai découvert par contre quelques années après sa parution, j'ai eu la grande révélation ensuite des particules, et puis, très vite j'ai lu Plate-forme. Là, j'ai dû attendre, frustré, la parution de son prochain, La possibilité d'une île, en 2006. Et en septembre, le jour de sa sortie, j'ai acheté La carte et le territoire.

Je confesse juste une mauvaise action : comme en 2006 j'étais très remonté contre le monde de l'édition, j'ai volé* "La possibilité d'une île" dans une tête de gondole au Champion du coin, qui est devenu depuis Carrefour Market. Récemment, j'ai même accepté la carte de fidélité du magasin...

  • Toute ressemblance avec des faits réels ne serait que pure inadvertance. Dans ce blog, un mélange subtil de fiction et de réalité n'est pas à exclure...

vendredi 29 octobre 2010

Ouf !

Toute la journée hier, j'ai été aux prises avec mes vieux démons... la peur de décevoir, cette peur inscrite au plus profond de moi, de mon intimité, de mes gènes... Cette terrible peur de décevoir qui m'a souvent conduit à tout abandonner... Très paradoxalement, et à décevoir encore beaucoup plus, du coup !

Combattre ses vieux démons, c'est le combat de ma vie, c'est le combat de l'écriture, chaque jour renouvelé, chaque jour remis sur le tapis...

moi05.jpgAujourd'hui, j'ai remporté une victoire décisive : je viens de franchir la centaine de pages. Mais la victoire la plus importante que j'ai remportée, ce fut hier soir, celle qui me permit, au bout de longues heures d'improductivité totale, d'ajouter quelques lignes à mon manuscrit. Ces quelques lignes arrachées hier à la douleur, au désespoir et au néant m'ont permis aujourd'hui de donner naissance à près de dix pages... Ainsi va la vie, toujours frôlant le précipice,manquant de perdre l'équilibre, et courant, l'instant d'après...

jeudi 28 octobre 2010

Le trou

Il y des heures que je suis assis à ma table de travail, des heures que je suis devant mon ordinateur, et c'est le vide complet : je ne fais rien à part surfer sur des sites sans aucun intérêt et me gaver la tête de conneries au lieu d'ajouter des phrases à ce putain de roman. C'est ma première journée très difficile, ma première journée de trou, de sensation d'une source tarie... J'en suis à la page 93 et ça a toujours été pour moi un nombre maudit... J'en avais le sentiment quand je me suis levé ce matin. Un jour perdu...

vendredi 15 octobre 2010

J'avance !

Je suis content, mon travail avance bien. J'en suis à la page 77...

Voici un extrait du chapitre7 : (le narrateur vient de s'installer dans les Cévennes...)

chute.jpg

J'avais envie aussi, depuis que j'étais dans les Cévennes, de retourner à la pêche... Il y avait des années que je n'y étais plus allé. Le magasin d'articles de pêche, où je m'étais toujours approvisionné quand je venais en vacances à Saint-Florent, et qui se trouvait dans la rue principale de Saint-Ambroix, n'existait plus malheureusement et avait été remplacé par une banque. Bientôt, il n'y aurait plus, dans les petites villes, que des banques et des agences immobilières. Je fus obligé d'aller jusqu'à Alès pour trouver un marchand d'articles de pêche encore en activité. Je complétai mon matériel qui n'avait pas servi depuis des lustres de quelques bobines de nylon neuf, de quelques pochettes d'hameçons non montés et je pris le permis pour le Gard et la Lozère... J'appréciai vraiment le moment où le gars qui me servait, un gros bourru en blouse bleue, avec des moustaches à la Ferrat, ouvrit quelques-uns des centaines de petits tiroirs superposés pour trouver les accessoires que je lui réclamais. Tout y était stocké dans un ordre méticuleux. Des magasins comme ça me rappelaient mon enfance et j'avais comme un petit frisson agréable lorsque je venais y faire quelques emplettes. Mais combien de temps encore ce genre de boutique tiendrait le coup ? Partout, elles disparaissaient à une cadence accélérée pour être remplacées par des chaînes internationales de magasins qu'on finissait par retrouver n'importe où dans le monde, comme H&M, Foot Locker et consorts, et l'uniformisation et la standardisation allaient à une vitesse vertigineuse. Même les petites villes de Province n'y échappaient plus. Et que dire des abords de toutes ces villes, ces zones commerciales géantes qui se ressemblaient toutes avec leurs hypermarchés, leurs enseignes gigantesques qui défiguraient toutes les entrées d'agglomérations d'une certaine importance ? C'était à pleurer de laideur et plus aucune distinction n'était possible entre une grande cité du nord de la France, du sud, de l'est ou de l'ouest... Au pied des pancartes métalliques géantes annonçant les Carrefour, Leroy-Merlin, Auchan, Castorama, Décathlon, et autres temples modernes du shopping, traînaient toujours des canettes vides, des sacs en plastique, des cartons de pizza graisseux, des gobelets de coca, des morceaux de pare-chocs de bagnoles, du verre de bouteilles brisées... La laideur attire la laideur et les cochons engraissés par la société de consommation se comportaient bien de la façon dont elle les avait éduqués, c'est à dire comme des porcs, et quand ils avaient terminé leur Big Mac avec leur grosse frite mayonnaise, ils balançaient tout par la vitre ouverte de leur porcherie mobile qui était encore, il y a peu, arrêtée devant la caisse du Mac Drive, l'autoradio réglé à fond sur NRJ. Gavés de bière et de supermarchés, de zones commerciales, de slogans et de musiques publicitaires, ils s'extrairaient de leur carrosserie confortable pour aller se planter devant la télé ou dans la dernière boîte à la mode, dans un déluge de décibels débilitants... Ainsi le monde allait dans sa folie de la croissance à tout prix et dans le culte de la consommation. Alès n'y échappait pas même s'il subsistait, dans le centre-ville quelques îlots de résistance comme ce marchand d'articles de pêche... J'avais même la sensation que la population y adhérait encore plus massivement que dans la région parisienne, à ce mode de vie soi-disant moderne. Il y avait des tas de couples de petits vieux qui, de tous les villages à trente ou quarante kilomètres à la ronde, venaient à Alès faire leurs courses dans l'hypermarché régional, comme mes grand-parents quand ils étaient encore de ce monde. De toutes manières, d'une façon ou d'une autre, on n'y coupait pas, au gigantisme. Même moi, j'y allais, tout en maugréant, pourtant ; même si j'essayais le plus possible d'éviter les hypermarchés pour les courses alimentaires, je fréquentais les grandes surfaces de bricolage, ou les halles aux vêtements et d'autres lieux encore, si peu recommandables... Souvent, il n'y avait pas moyen de faire autrement. Mais au moins, j'essayais de faire vite, et à des moments creux si possible, tandis que, pour certains, on avait l'impression que c'était LA sortie de la semaine, la sortie familiale par excellence, et que plus les allées étaient encombrées de caddies dans tous les sens, mieux c'était. Le samedi, c'était partout, dans toutes les villes de France, d'Europe, d'Amérique et de tous les pays du monde soit-disant développés, la grande fête de la consommation, et les troupeaux de clients s'agglutinaient derrière les caisses, et les files d'attente s'allongeaient toujours plus aux rond-points des zones commerciales saturées. Le culte du dimanche matin, dans les pauvres églises désertées qui n'avaient plus la côte, était remplacé par celui du samedi après-midi, sur l'autel de la croissance et de l'expansion économique. « Payez, payez pour nous, mes frères... », disait Raymond Devos dans l'un de ses sketches. A l'époque, il ne parlait pas encore de la consommation dans ce texte, mais du percepteur, qui en voulait à nos sous... Payons, payons ensemble, frères humains, pour la rédemption de nos pêchés, payons, payons encore, pour que l'homme, dans sa misérable condition de mortel, trouve enfin la félicité. Les religions anciennes lui promettaient le Paradis dans un autre monde, aujourd'hui les Dieux du Marketing lui promettaient ce monde meilleur ici et maintenant...

Incroyable les chemins de traverse que l'esprit peut emprunter au moment d'acheter quelques articles de pêche. En sortant de la petite boutique qui m'avait tant émue, je refaisais le monde...

mardi 12 octobre 2010

Drôles de rencontres...

pf1.jpg

Il y a incontestablement dans les manifs de belles surprises esthétiques, comme ici dans le cortège d'aujourd'hui, à Paris, entre Montparnasse et Bastille, la figurine géante animée par le Théâtre du Soleil...

pf4.jpg

Avec ses magnifiques banderoles :

A gauche : Les frelons ne sucent pas le sang des aigles mais pillent les ruches des abeilles.(W. Shakespeare)

A droite : Triste spectacle public, on ne songe plus qu'à soi, les dignités, les places, l'argent, on prend tout, on veut tout, on pille tout, on ne vit plus que par l'ambition et la cupidité.(Victor Hugo)

pf2.jpg

L'incroyable carriole de Michel Godin des Mers, avec des tas de fontaines, et de pancartes, et d'objets hétéroclites. C'est un personnage incroyable qui se définit lui-même comme poète, penseur, acteur et novateur. Il joue de la flûte, chante, déclame ses drôles de tracts entre la poésie et la revendication politique. On le croise souvent place de la Bastille à la fin des manifs. Ce type haut en couleurs qui vit dans la rue depuis vingt ans a une revendication simple : que l'on rende le territoire au peuple. Ainsi, enfin, se terminera l'esclavage...

pf3.jpg

Et qu'est-ce qu'il faisait beau, cet après-midi à Paris !

pf5.jpg

vendredi 8 octobre 2010

Sans commentaire

casque.jpg

lundi 4 octobre 2010

Samedi, entre République et Nation...

pf-a.jpg

pf-b.jpg

pf-d.jpg

pf-c.jpg

pf-f.jpg

pf-e.jpg

Pour voir un diaporama plus complet du reportage, cliquez ici...

vendredi 1 octobre 2010

Pour Pakita, Wictoria et les autres...

Si je me décide à publier cet extrait, c'est à cause du commentaire de Pakita sur mon précédent article.

Non, chère Pakita, je n'ai pas envie de dévoiler encore le thème général mais, par contre, je veux bien vous faire partager cet extrait, qui est le début du cinquième chapitre, tout frais écrit de ce matin, et qui fait référence à du réel, du bien réel...

pologne.jpg Le fameux minibus en Pologne pour une étape rangement...

Vers la fin du mois de juin, l'occasion se présenta de pouvoir descendre quelques jours dans le Gard afin d'y effectuer un premier repérage. J'avais pris mon vieux minibus vert VW, (le modèle qui avait succédé au fameux Combi, ce véhicule mythique qui avait transporté babs, beatniks, routards et hippies de tout poil sur toutes les routes du monde), ce bon vieux minibus vert que l'on avait acheté à la naissance de notre quatrième enfant parce que toutes les voitures de modèle courant étaient désormais devenues trop petites. Ainsi, il avait l'âge de mon benjamin, ce qui pour un être humain était encore l'adolescence, mais pour un véhicule, un âge vénérable. Il avait dépassé les deux cent cinquante mille kilomètres et j'avoue que je n'étais pas forcément très confiant sur le côté fiabilité mécanique lorsque j'entreprenais un voyage de plusieurs centaines de kilomètres. Mais bon, il avait tellement d'avantages par ailleurs : je pouvais y dormir et y faire la cuisine au moyen d'un aménagement assez sommaire mais néanmoins très pratique, ce qui fait que, partir en voyage ne me coûtait guère plus cher en théorie que de rester chez moi, à part l'achat du gas-oil bien entendu... Avec lui, je ne prenais plus jamais d'autoroute : je n'avais donc pas non plus de frais de péage à prévoir. Ce que j'aimais par dessus tout, c'est qu'il me permettait de partir sans programme bien établi, prendre la route et aller droit devant, sans me soucier de l'endroit où je ferais étape. J'avais toujours détesté les projets, les plans pré-établis : je partais et je voyais ensuite ; c'était le meilleur moyen de donner sa chance au hasard, à l'intuition du moment, de profiter à fond d'un coin déniché au détour d'une route improbable, sur laquelle il n'avait jamais été prévu de s'engager... En 2004, j'avais roulé jusqu'au Cap Nord, en passant par la Pologne, la Lituanie, la Lettonie, l'Estonie et la Finlande. Ce n'était pas du tout prévu au départ : j'étais juste parti avec la vague idée de voir la mer Baltique...

On était à quelques jours du solstice d'été. Il faisait nuit très tard. J'étais parti le jeudi soir, après le boulot. J'ai pris l'A6 jusqu'à Fontainebleau puis la nationale 7, en passant par Montargis et Cosne sur Loire. Je m'étais depuis longtemps aperçu que toutes les indications étaient fantastiquement bien étudiées pour vous envoyer sur l'autoroute mais que si, comme moi, vous vouliez rejoindre la prochaine grande ville en continuant sur la nationale, c'était souvent beaucoup plus compliqué, surtout si vous aviez fait un petit détour dans le centre de l'agglomération précédente pour trouver un resto sympa. Je me suis arrêté pour dormir à Nevers alors que la nuit venait de tomber : Il était quasiment 23h00. J'avais trouvé un petit coin en bord de Loire, un peu à l'écart de la ville...

Estonie.jpg

Le minibus à Tallinn en Estonie prêt à embarquer pour Helsinki...

jeudi 30 septembre 2010

Le rituel du matin

bistrot2_copie.jpg

C'est désormais un rituel bien établi...

Lever à 7h00, petit déjeuner et ablutions...

Départ à 8h00 pour la balade du matin avec une étape au petit bistrot du Tremblay où Vicky a droit chaque matin à son morceau de pain, et moi, à mon café, mon verre d'eau et mon journal...

Retour à la maison entre 9h00 et 9h30...

Et je bosse de 9h30 à 12h30 pour le matin...

Mon travail avance bien : je viens de boucler le chapitre 4 et la page 44... Mais je ne serai totalement rassuré que quand j'aurai dépassé la 150ème page ! Et encore... Après, j'aurai d'autres motifs d'inquiétude !!!

mercredi 22 septembre 2010

Un nouveau roman

Ecrit.jpg

Enfin ! Je m'y suis mis : j'ai commencé un nouveau roman. Une vraie discipline de travail m'est nécessaire. Je me suis fait un programme assez strict... Faut que je m'y tienne cette fois... J'espère que cette histoire ne va pas avorter comme la précédente aux alentours de la centième page, ce qui l'année dernière m'avait foutu le bourdon !J'y crois !!! J'en suis à la page 20... Donc pas au bout de mes peines !

mercredi 15 septembre 2010

Devant l'Assemblée Nationale

manif1.jpg

Il me paraissait de mon devoir d'y aller aujourd'hui... Nous étions quelques milliers devant l'Assemblée Nationale...

manif2.jpg

La réforme des retraites a été votée tout de même, bien entendu, dans une ambiance électrique paraît-il...

manif3.jpg

Maintenant, suite au 23 septembre...

vendredi 10 septembre 2010

Sur les traces de l'enfance

Il y avait une partie du voyage, cet été, qui avait pour but de montrer à ma nouvelle compagne mes lieux d'enfance... Elle avait fait de même quelques mois auparavant en m'emmenant au Havre...

C'est ainsi que nous nous sommes retrouvés à Vals Les Bains, faubourg d'Antraigues, où je lui ai montré l'ancienne charcuterie de ma grand-mère adoptive, la mémé Méjean... Ce n'est plus une charcuterie aujourd'hui, c'est un magasin à louer. Quand on est à cet endroit, devant cette porte, les souvenirs remontent, mais rien de très précis, surtout des sensations confuses... Confuses et très mélangées, largement teintées de tristesse aussi... Et puis la rivière, à deux pas, la Volane, où je passais mes jeudis libres et tous les jours de vacances, à la pêche ou dans des cabanes sur de petites îles... Et aussi le Parc du casino, avec son atmosphère un peu surannée de station thermale sur le déclin, sa source intermittente et son mini-golf où ma mère m'emmenait souvent... Le café Béatrix où, comble du faste et du luxe, nous allions parfois manger une glace...

m-5_ecole.jpg

Le voyage a continué avec une étape à Aubenas, rue Gambetta, à côté du passage Gambetta et de la librairie Marquand. On a même fait à pied le trajet que je faisais en 67-68 pour aller à l'école primaire, en CM2...Je dus faire deux tentatives pour retrouver le bon itinéraire... Il me fallait chercher au fond, tout au fond de moi... Ne risquais-je pas de remuer la boue qui s'y était déposée depuis tant d'années ? Je sentais monter en moi une ambivalence teintée de désillusions...

Notre périple s'est continué vers les Gorges de l'Ardèche et on a campé à Vallon Pont d'Arc où mon père adoptif, Jean Méjean, nous emmenait souvent pour la baignade... Envahi par une cohue de touristes...

vallon-Blog.jpg

En descendant les gorges de l'Ardèche, on est arrivés dans le Gard. Alès, ma ville natale, et le Boulevard Victor Hugo, avec le garage de mon grand-père maternel qui n'existe plus aujourd'hui et a été remplacé par un immeuble de standing. A deux pas, la gare SNCF où avec Laure, la fille des commerçants d'à côté, nous allions faire des enquêtes, nous prenant pour de grandes détectives privés...

m-4_garage.jpg

Et enfin, Saint-Florent sur Auzonnet, à vingt km d'Alès, où se trouvait le mas familial.

m-1_Noce_en_c_vennes.jpg

Là où mes grand-parents s'étaient retirés quand mon grand-père avait pris sa retraite et vendu son garage. Là où j'allais passer presque toutes les vacances scolaires et où j'avais appris à pêcher, avec mon grand-père. Là où j'étais retourné ensuite à la pêche tout seul pendant de longues années. Plus d'ambivalence : c'est la tristesse qui a dominé largement quand j'ai revu la rivière... La rivière de mon enfance était poissonneuse. Celle qui coulait devant moi était sale et vide. Une eau morte, malsaine, envahie par les algues... Pour clore cette journée, on a essayé de retrouver la tombe de mon grand-père au cimetière de Saint-Florent. En vain... L'ambivalence était devenue une véritable amertume. Je ne pensais plus qu'au cancer qui ronge notre planète... L'enfance était morte.

mercredi 8 septembre 2010

Jazz

Je me souviens bien du jour où j'ai rencontré Anna O. C'était dans une petite cave de jazz, sombre, au fin fond d'une petite rue dont j'ai oublié le nom. Un quartier de Paris animé, près de la Contrescarpe. Comment j'y étais arrivé, ce soir-là du début du mois de septembre, je ne m'en souviens pas non plus très clairement. Par contre, ce que je me rappelle, c'est pourquoi je me trouvais à Paris ce jour-là : j'avais manifesté une bonne partie de la journée contre la réforme des retraites. On était nombreux, tellement nombreux, qu'à 16h30 on était encore avant la place de la République, et la manif devait initialement partir de la République à 14h00... Trois millions en France, diraient les syndicats ensuite, un million d'après la police... En tout cas, il y avait un monde fou. Moi qui déteste la foule, c'est bien parce que je pensais qu'il y avait urgence que j'étais venu battre le pavé. On avait atteint la place de la Nation après 18h30 et j'étais crevé. Crevé de piétiner dans cette masse humaine terriblement dense et bruyante. Sirènes, vuvuzelas, cornes de brume, sifflets, camions sonos réglés à fond pour hurler les slogans genre « Assez, assez de cette société qui nous offre chômage et précarité... » entrecoupés de passage de « Viva Espana ! » ou des tubes de Manu Chao. Les basses résonnaient dans ma poitrine. Je tentais de me distraire en gravant dans ma mémoire quelques-uns des détails colorés qui attiraient mon attention : ballons géants blancs, rouges ou verts, drapeaux aux couleurs vives, autocollants rouges collés sur les jeans des filles aux fesses rebondies, sur les sacs, sur les casquettes et même sur les décolletés bronzés encore du soleil d'août si proche... Enfin à Nation, j'étais soulagé de quitter cette foule ; depuis un bon moment, j'étouffais littéralement et plus le temps passait au cœur de toute cette folle agitation, plus je me sentais dépouillé de mon individualité et de ma personnalité... Je n'avais pas envie de rentrer chez moi tout de suite, effrayé surtout à la perspective de m'engouffrer dans des couloirs de métro bondés...

Et je me mis à marcher au hasard, en revenant vers le centre de Paris par des petites rues, tout à fait sans le moindre calcul. Je marchai longtemps, très longtemps, recherchant les endroits les plus calmes. Je ne sentais même plus mes jambes. Et puis, je me suis retrouvé devant cette cave où je suis entré sans bien savoir pourquoi. Un orchestre de jazz jouait mais, comme je n'y connaissais rien, je serais bien incapable de dire quel morceau. Mais ça m'a plu. Je me suis dirigé aussitôt vers un coin reculé, encore plus sombre que le reste, où j'avisai une petite table qui dans la pénombre m'avait parue libre... Je me laissai tomber plus que je ne m'assis sur la banquette adossée au mur de pierre... « - Bonjour... » Je tournai la tête sur le côté, interloqué, et je distinguai, renfoncée dans l'angle le plus noir, une silhouette féminine. « -Oh ! Je suis vraiment désolé, bredouillai-je, je ne vous avais pas vue...
« - Je vous en prie, vous pouvez rester... » dit-elle dans un souffle.
Un garçon vint prendre ma commande et alluma une bougie sur la table. C'est à ce moment-là que je vis Anna O. pour la première fois. Son visage, encadré par de longs cheveux noirs, avait un peu le type espagnol. Je lui donnai une trentaine d'années. Gêné, je demandai un peu bêtement :
« - Vous venez souvent ici ?
« - Oui, assez souvent... J'aime bien les groupes qui passent ici... Et vous ?
« - Non, c'est la première fois... Ils jouent quoi ? Je... Je n'y connais pas grand chose en jazz...
« - Du Miles Davis... Le type au clavier, il est trop génial ! Il arrive à sortir de ces accords, c'est un truc de ouf ! Tenez, par exemple, écoutez celui-là ! Un accord pareil, vous avez souvent entendu ça ?
« - Oui, c'est vrai... » répondis-je, tentant de masquer une partie de mon inculture musicale...
Elle s'était rapprochée de moi et je sentais son souffle dans mon cou. Sa cuisse contre la mienne marquait le battement, tandis que montait dans l'air lourd de la cave un solo de trompette. Lorsque le garçon apporta nos demis, elle ne s'écarta même pas. J'avais l'impression d'avoir rejoint une vieille amie et la gêne que j'avais éprouvée à mon arrivée s'estompait doucement dans cette atmosphère feutrée.
« - Je connais ça, fis-je, plus assuré, c'est quoi déjà ?
« - Summertime, c'est beau hein ?
« - Oui, c'est vrai, c'est très beau... »
Pendant que nous buvions notre bière en silence, je sentis sa main se poser sur ma cuisse. Mon cœur se mit à battre très fort, presque au rythme du solo de batterie qui venait de démarrer. La contrebasse tapait dans ma poitrine. Je posai mon verre et mis à mon tour la main sur sa cuisse. A la lisière de la peau et du tissu de sa jupe. Sans réfléchir, je laissai ma main remonter jusqu'à sentir sa culotte toute humide. Mon désir tendait la toile de mon jean... C'est tout juste si nous ne fîmes pas l'amour sur cette banquette. Elle habitait tout près, pas loin de la place de la Contrescarpe...

A partir de ce soir-là, je me mis à aimer le jazz...

Texte écrit pour les Impromptus Littéraires...

Note importante de l'éditeur : ce texte est un simple exercice littéraire et pure fiction !!!

Fond sonore recommandé : c'est là...

lundi 6 septembre 2010

C'est la rentrée !

Benjamin, le petit dernier qui vit encore avec moi, est rentré au lycée ce matin. Il redouble sa terminale, le vilain ! Remarquez que, vu l'état de décomposition avancée du système scolaire, je ne suis guère étonné qu'il n'y trouve pas son compte ! Mais de cela, on en reparlera... Je trouve que c'est un bon jour pour effectuer la rentrée de Pierre d'écriture ! Un instant, j'ai songé à ce que cette rentrée coïncide avec celle des enfants et des profs mais j'ai dû changer d'ordinateur pile à ce moment-là et on connaît les galères inhérentes à ce genre de changement ! Il est beaucoup plus simple de changer de télé !

Bref, voilà le retour de Pierre d'écriture...

Que dire ? Il est d'usage, entre amis, lorsqu'on se retrouve lors d'une telle période, de poser la question rituelle : " Les vacances ont été bonnes ?"

Eh bien oui, on peut le dire ! Ce qui me semble le plus difficile, au retour, finalement, c'est d'abandonner la vie nomade. J'aime tellement, chaque matin, me réveiller dans un endroit différent... Vous voulez une petite idée de notre périple, avec Anne ?

Partis de la région parisienne le 25 juillet, nous avons fait une première étape à Grenoble...

Une petite excursion au Monastère de la Chartreuse :

chartreuse-blog.jpg

Un concert gratuit au Cabaret Frappé de Grenoble :

Cabaret frappé

Puis, nous sommes allés dans la Drôme et avons fait étape à Pont en Royans, qui est un village assez extraordinaire :

pont-blog.jpg

L'Ardèche ensuite... Privas, les hauts plateaux ardéchois, le Mont-Gerbier des Joncs...

ard-blog.jpg

Et puis, toujours en Ardèche, sur les traces de mon enfance : Vals Les Bains, Aubenas, Vallon Pont d'Arc et les gorges de l'Ardèche :

gor-blog_copie.jpg

Le Gard, ensuite, toujours sur les traces de mon enfance, Saint-Ambroix, Saint-Florent dans la vallée de l'Auzonnet, Peyremale, au dessus de Béssèges, Alès, ma ville natale... Les arènes de Nimes et puis les Bouches du Rhône avec la Camargue :

cam1-blog.jpg

cam2-blog.jpg

cam3-blog.jpg

La suite de notre périple nous a conduits à Sète puis à Toulouse et, enfin, à Biscarosse dans les Landes, chez Benoit, mon fils ainé, où j'ai pu profiter quelques jours de ma petite fille, Eléa...

lan-blog.jpg

Elea-Bolg.jpg

samedi 24 juillet 2010

En vacances

aquarelle1.jpg

Je ne sais pourquoi, mais cette petite aquarelle que j'avais peinte en 2002, évoque toujours pour moi très fortement les vacances... Voilà, je pars demain, sans but bien précis, comme chaque fois que je pars... Et sans date de retour définie non plus. Cela se traduira ici par :

"Blog en vacances jusqu'à nouvel ordre..."

- page 2 de 5 -