Le deuil de l'absolu
Par Jean-Pierre le dimanche 4 juillet 2010, 17:37 - Lien permanent
On est en quête d’absolu et on vit de l’à peu près les neuf dixièmes du temps. De l’à peu près en amour, en amitié, en famille… On aimerait tellement que ce qu’on vive soit conforme aux belles images d'Épinal qu’on a tous plus ou moins inscrites au plus profond de nous-mêmes. Pendant quelques temps, on se berce d’illusions et puis un jour, le constat est cruel et sans appel : ce n’était pas si beau, si magnifique, si grand que ce que l’on croyait. On avait enjolivé, on avait beaucoup plus aperçu ce que l’on avait envie de voir que ce qui existait réellement. Souvent la beauté d’une scène tient à l’éclairage… Tous ceux qui font du cinéma ou de la photo d’une façon un peu plus poussée que le simple amateurisme le savent bien : l’éclairage, c’est primordial. Nimber une chevelure d’un beau halo lumineux… Un couple sur un banc, selon l’éclairage, peut produire des effets radicalement différents, indépendamment de la beauté du couple, de ce qui irradie de leur union… L’éclairage étudié ou glauque, et tout change… Du tout au tout… Notre façon de voir, dans la réalité, c’est un peu comme l’éclairage au cinéma. Les mêmes choses peuvent être radieuses ou devenir subitement tristes… Un corps, un sentiment magnifiques risquent de virer, d’un instant à l’autre, au banal ou à l’insignifiant si notre éclairage intérieur vient à varier. Voilà pourquoi il nous faut faire le deuil de l’Absolu et de la Vérité. Chacun de nous vit de l’à peu près sans savoir réellement où il va et ce que tout cela signifie. L’agencement du monde restera toujours un mystère et, de temps en temps, la vie se charge de nous rappeler que ce qu’on avait glorifié hier, n’est rien, en fait, juste une illusion…

Commentaires
Très joliment dit ! Voilà qui me ramène à mes illusions perdues !
A Louisianne : Eh oui ! On y croit tous et on y croira encore longtemps !
Même si je suis bien d'accord avec toi sur l'importance de l'éclairage, qu'il soit intérieur ou extérieur, jamais je ne voudrais faire le deuil de l'absolu et encore moins de la vérité.
Ils sont mon phare, ma quête, le sens que je donne à la vie.
C'est vers eux que je veux tendre et diriger ma lumière.
Je ne peux non plus me résoudre à penser que mes visions du monde ne sont qu'illusion !
La lucidité est à travailler je crois.
A nous de l'aimer pour ce qu'il est, pour ce qu'on peut en faire, plutôt que s'imaginer ce qui n'est pas... puis déchanter... s'écrouler sous l'illusion.
Et oui... tout est question d'éclairage !!
Voici le mien.
Bises cher Jean Pierre
A Pakita : Je suis un peu excessif c'est vrai, en parlant de deuil de l'absolu, et, en tout cas, bien entendu, je ne suis pas partisan de faire le deuil de la vérité; Tu as entièrement raison quand tu parles de phare, de but, d'idéal. Mais quand on se trouve sur le coup d'une déception, quand on est confronté à la triste réalité de s'apercevoir que l'image de quelqu'un ne correspond plus tout à fait à celle qu'on en avait, que le décalage est criant, on est forcément amené à poser les questions que j'évoque dans cet article... Mais bien sûr, tu as raison, il faut travailler notre lucidité. Bises Pakita.
je te comprends lorsque tu fais la distinction entre ce que nous devrions penser, ce vers quoi nous devrions tendre... et l'amertume qui nous abat lors des déceptions qui nous ramènent souvent à des sentiments moins nobles.
Moi-même, combien de fois ai-je dit que tout cela m'emmerdait ! que je ne voulais plus croire en rien ! que la vérité ne nous servait pas, qu'à l'inverse, le menteur, le tricheur, souvent avait une belle vie, et que brandir la vérité devant soi, comme un drapeau, n'amenait que des ennuis...
Et dans ces moments là, crois-moi ! je suis sincère ! persuadée que c'est fini ! que la vérité se passera de moi désormais !
Et puis quelques heures passent, et je sais bien que ce n'est pas possible... Qu'elle est ancrée en moi aussi sûrement que ce besoin de justice, de passion, d'absolu justement.
L'éclairage... oui, tout est là
:-)
A Pakita : je vois là qu'on est tout à fait sur la même longueur d'onde. C'est exactement ça : on se dit que l'on ne se fera plus avoir, qu'on est guéri de l'idéalisme, des grands sentiments, des nobles attitudes, qu'on ne brandira plus jamais d'étendard et puis... Cela n'a qu'un temps et, finalement, heureusement ! Toujours la succession des jours et des nuits, la coexistence du bien et du mal, du beau et du laid... Un bel éclairage, un beau rayon de lumière, une magnifique chevelure et... On est reparti comme en 14 !
Tu sais que je dois être un ignare de première bourre, un con magnifique... je n'ai absolument rien compris à ton billet... Rien ! Bon, je retourne sur les sites pornographique là, je comprends les paroles...
Bleck
A Bleck : mais non ! Tu n'es ni ignare, ni con, ni quoi que ce soit d'autre. Lorsque je lis ton blog, je vois bien que ce sont des hypothèses à écarter ! Il y a mille raisons qui font que l'on ne comprend pas l'écrit d'un autre. D'abord, peut-être, parce que je n'ai pas été assez clair, ensuite parce que ce n'était pas le moment pour le lire, et puis, il y a une histoire de contexte aussi, de concentration, d'état, de... Je pourrais en écrire dix pages!!!
On se berce d'illusions, de rêves, d'idées de projet à atteindre et souvent on tombe de haut mais sans eux, je ne pourrais plus rien faire...
Je crois que c'est le propre de l'homme de rêver à ce qu'il voudrait avoir, de se dire que c'est toujours mieux ailleurs, ça nous permet de continuer et de nous dire que la situation peut évoluer et même si on n'y arrive pas, au moins, on a peu mieux qu'avant et les rêves, ça fait du bien aussi... Je ne sais pas si parfois la projection n'est pas plus fort émotionnellement que la réalisation. Et forcement, on reste sur sa faim, on est déçu... Et parfois le début est aussi beau que l'imaginaire mais la magie s'envole...
Je ne sais même pas si c'est ce que tu as voulu dire; la chaleur trouble tout...
Bises et j'espère que tu n'es pas sous le coup d'une trop grande déception.
A Blyg : Eh oui, bien sûr, c'est le propre de l'homme et la vie est un perpétuel mouvement qui nous transporte de sommets en précipices. Le rêve, tu as raison, c'est primordial et c'est notre principal moteur. J'étais, en effet, sur le coup d'une déception, mais, aujourd'hui, je pense que, finalement, la crise que j'ai traversée sera, à terme, positive... Merci beaucoup pour ton commentaire !