On est en quête d’absolu et on vit de l’à peu près les neuf dixièmes du temps. De l’à peu près en amour, en amitié, en famille… On aimerait tellement que ce qu’on vive soit conforme aux belles images d'Épinal qu’on a tous plus ou moins inscrites au plus profond de nous-mêmes. Pendant quelques temps, on se berce d’illusions et puis un jour, le constat est cruel et sans appel : ce n’était pas si beau, si magnifique, si grand que ce que l’on croyait. On avait enjolivé, on avait beaucoup plus aperçu ce que l’on avait envie de voir que ce qui existait réellement. Souvent la beauté d’une scène tient à l’éclairage… Tous ceux qui font du cinéma ou de la photo d’une façon un peu plus poussée que le simple amateurisme le savent bien : l’éclairage, c’est primordial. Nimber une chevelure d’un beau halo lumineux… Un couple sur un banc, selon l’éclairage, peut produire des effets radicalement différents, indépendamment de la beauté du couple, de ce qui irradie de leur union… L’éclairage étudié ou glauque, et tout change… Du tout au tout… Notre façon de voir, dans la réalité, c’est un peu comme l’éclairage au cinéma. Les mêmes choses peuvent être radieuses ou devenir subitement tristes… Un corps, un sentiment magnifiques risquent de virer, d’un instant à l’autre, au banal ou à l’insignifiant si notre éclairage intérieur vient à varier. Voilà pourquoi il nous faut faire le deuil de l’Absolu et de la Vérité. Chacun de nous vit de l’à peu près sans savoir réellement où il va et ce que tout cela signifie. L’agencement du monde restera toujours un mystère et, de temps en temps, la vie se charge de nous rappeler que ce qu’on avait glorifié hier, n’est rien, en fait, juste une illusion…

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