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Samedi, 16h00, hôpital Mignot à Versailles. A travers mes yeux embués de larmes, dans un halo, je suis une blouse blanche qui m'entraîne dans un dédale de couloirs de la réanimation. Chambre 17. Des tuyaux, des fils électriques enchevêtrés, des appareils, plein d'appareils. Et ma mère est là. Couchée sous un drap blanc. Seul son visage dépasse. Il est incroyablement jeune, incroyablement apaisé. Elle a l'air heureuse. Je n'ai pas eu le temps de lui dire au revoir. Je n'ai pas cru que ce pouvait être quelque chose de grave quand, le matin, ma sœur m'a appelé vers 11h00 pour me dire que notre mère était tombée. Je ne croyais pas qu'il pouvait lui arriver quelque chose de vraiment grave avant dix bonnes années. Elle avait 78 ans. Et depuis Noël, j'étais brouillé avec elle pour une mesquinerie. C'était cela que je regrettais le plus. Il y avait eu tant de rendez-vous manqués avec cette femme que j'avais tant aimée. Elle était belle sur son lit de mort, presque une jeune fille. De toutes façons, même courbée par le fardeau de l'existence, par les soucis et son anxiété permanente, elle était toujours resté une jeune fille. La première chose que je lui ai dite c'est : "Pardon maman, depuis Noël, je ne t'avais pas appelée...Pardonne-moi, je t'en prie, je t'aime !"

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