Déluge émotionnel
Par Jean-Pierre le mercredi 23 février 2011, 10:45 - Lien permanent
Il s'est passé tellement de choses depuis le 5 février, jour de la mort de Maman ! Pour que le billet ne soit pas top long et parce qu'aussi je n'ai pas envie de trop rentrer dans les détails, je me contenterai d'une énumération assez froide et impersonnelle...
Jeudi 10 février : Cérémonie au crématorium de Saint-Ouen l'Aumône. J'ai chanté deux chansons de Ferrat pour elle. Ses huit petits enfants étaient réunis autour de son cercueil et c'était particulièrement beau et émouvant. Elle a eu une magnifique cérémonie. A seize heures, elle était en cendres, prête à rejoindre les éléments.
Samedi 12 février : Le vol EZY2790 décolle de Roissy-CDG à 20h00, nous emmenant à Milan, Anne et moi, pour le congrès de philosophie organisé par l'UNESCO.

Dimanche 13 février : Je fais brûler un cierge pour Maman dans la cathédrale de Milan, Il Duomo, édifice qui demanda plus de 400 ans pour sa construction. L'office est en cours. Je rejoins la file des fidèles et je vais communier. Cela ne m'était pas arrivé depuis ma communion solennelle à l'âge de 12 ou 13 ans. J'ai une émotion intense qui me submerge : j'ai la sensation de retrouver la foi.

Mardi 15 février : Visite le soir de l'ancien monastère dominicain de l'église Santa Maria delle Grazie où est peinte la célèbre fresque de Léonardo Da Vinci, La Cène, le dernier repas de Jésus... L'UNESCO et les organisateurs italiens nous ont offert une visite privée...

Mercredi 16 février : Le congrès se termine. On élabore une série de recommandations adressées aux gouvernements des états membres de l'Europe et de l'Amérique du Nord pour redonner à la philosophie toute sa place dans l'enseignement et ce dès le primaire. On a le sentiment, Edwige (un des membres de Philolab), Anne et moi de vivre un moment historique.
Jeudi 17 février : Retour à la maison vers deux heures du matin. On est épuisés mais heureux.
Vendredi 18 février : Je dépose Anne chez elle. La joie se transforme en cauchemar : sa maison a été vandalisée pendant notre absence.
Dimanche 20 février : La mère de Georges, mon éditeur et meilleur ami, décède à son tour. Georges a dû abandonner son stand en catastrophe à la Foire du livre de Bruxelles. Je lui propose d'y aller pour fermer le stand lundi soir et ramener tous les bouquins.
Lundi 21 février : Nous arrivons, Anne et moi, à la Foire du livre de Bruxelles, vers 17h00. A 18h00, je ferme le stand et charge la voiture. Anne est- incapable de m'aider, elle est prostrée sur une chaise. Le traumatisme a entraîné une névralgie cervicale. Je suis très inquiet pour elle.
Mardi 22 février : après une nuit réparatrice dans un hôtel confortable, je parcours les grandes artères de Bruxelles à la recherche d'un malheureux coin d'herbe pour que Vicky puisse faire ses besoins. Nous repartons de Bruxelles vers 11h00.
Je n'ai pas de mots pour qualifier l'état d'épuisement dans lequel je me trouve et je n'ai jamais connu, de toute ma vie durant, une telle période de montagnes russes émotionnelles... Si tout cela ne se calme pas, je crains qu'il y ait de quoi perdre la raison...
Commentaires
Je lis attentivement ce billet, apprends le décès de ta Maman (n'ai pas pu lire le billet correspondant a la disparition de celle-ci, trop personnel...) te souhaite sincèrement que "cela" se calme et que tu puisse te reposer.
Bleck
Il y a des fois, comme ça, dans la vie, des tourbillons qui nous ballotent dans tous les sens. C'est parfois positif, c'est parfois sombre...
On en sort comme du papier mâché... mais en vie, je crois.
Je te souhaite un peu de calme dans les jours à venir, que tu puisses faire le tri dans tes pensées et dans ton cœur.
Amitié.
@ BLECK : Je crois que, maintenant, tout cela va se calmer. Je te remercie pour ton souhait qui me touche vraiment.
@PAKITA : Oui, tu as raison, heureusement, cela n'arrive pas très fréquemment à une telle intensité. Mais, très sincèrement, je pense qu'au bout du chemin, il y aura beaucoup de positif. Voilà pourquoi, je ne suis pas effondré. Juste dans les montagnes russes de l'émotion... Amitiés, ma chère Pakita.
Beaucoup d'émotions en très peu de temps, il n'y a rien qui épuise autant.
Même un marathon serait moins fatiguant
Courage à toi en te souhaitant un peu de paix dans les jours à venir
Des bisous...
@ SELMA : Merci du fond du cœur.
Je suis de tout coeur avec vous. Pour avoir connu une expérience semblable, je compatis.
Vous en sortirez grandi ...
Bien amicalement
Yuna,